Non aux baisses de subventions ! Planning Familial en danger !

En 1967 a été adoptée la loi Neuwirth sur la contraception. L’article 4 y détermine les conditions de fonctionnement des EICCF (établissements d’information de conseil conjugal et familial), créés par cette loi. Les pouvoirs publics reconnaissent et soutiennent la mission des associations notamment quant à l’information, l’éducation à la sexualité, la prévention en matière d’IST, de contraception, d’avortement, de violence, de sexisme ordinaire, etc…

L’activité des centres de planification du Planning Familial de l’Isère dépend à 80% des subventions versées par le Conseil Général de l’Isère, à 7% de crédits d’Etat, le reste étant assuré par d’autres collectivités territoriales comme les communes, les communautés de communes, la CPAM.
Or une baisse de subvention nous a été signifiée en début d’année par le CGI. Cette baisse est basée sur des estimations quantitatives du nombre de consultations médicales, d’entretiens de conseil conjugal et familial et du nombre d’animations de groupe réalisées auprès d’un public jeune et adulte.
Cette baisse s’élève à 5% du budget total des centres de planification du Planning Familial sur le département de l’Isère c.à.d 98 000 euros en moins.
Ce qui signifie concrètement que :

  • Certains centres de planification maintiennent un montant de subvention égal à celui de l’année précédente et d’autres, comme celui d’Eybens, voient leur subvention divisé par deux. Pour Eybens, tout nouveau centre de planification lancé il y a 4 ans, cela signifie clairement la mise en danger du centre alors que son ouverture a été voulu et soutenu financièrement par le CGI mais que la raison de sa sous-activité est directement a imputé à la localisation du centre mis à disposition par la mairie d’Eybens (locaux totalement excentrés et donc extrêmement peu fréquentés). Le centre de planification d’Eybens se retrouve donc à devoir assurer les conséquences désastreuse d’une erreur d’évaluation de localisation.
  • De manière générale, une baisse de 5% du budget total signifie la perte de 2 postes à temps pleins (ou 4 postes à mi-temps) de conseillères conjugales et familiales, ce qui équivaut à environ 2000 personnes, jeunes et adultes, accompagnés en moins sur l’année.

Il est naturellement indispensable d’évaluer l’activité des centres de planification subventionnés par le CGI mais :

1) la qualité de l’accueil ne peut être quantifiée qu’au seul regard de critères quantitatifs donnés par le CGI ! ex : nous sommes tenus de réaliser 3 consultations par heure (=20 mn chacune) or nous sommes dans un travail d’accompagnement, d’information, d’écoute et non dans de la prescription pure et simple d’une pilule ou d’un autre médicament…ex : l’accueil de femmes victimes de violence (viol, mariages forcés..), ne peut être expédié en 20 mn…

2) La manière de comptabiliser le nombre de consultants n’est de toute façon pas clair et surtout pas uniforme pour tous les EICCF. Il faudrait donc peut-être songer à harmoniser les pratiques de comptabilisation de l’activité entre tous les EICCS !

3) Et enfin, il est urgent de prendre en compte d’autres critères dans le calcul d’attribution des subventions comme par ex. le nombre de structures visitées par nos conseillères et médecins (établissements scolaires, structures médico-sociales, juridiques, éducatives, associatives, etc) afin de faire connaître notre activité et mettre en œuvre des partenariats pour mieux accompagner le public qu’ils soutiennent. Travail d’autant plus important par ex. lors de la création d’un centre de planification comme celui créée sur Crolles.

Bref, nous avons bien conscience que malgré la crise, le CGI a maintenu l’enveloppe globale attribuée à la planification alors que d’autres secteurs comme celui de la culture, a subi de sérieuses coupes budgétaires. Grosso modo, l’on peut résumer la situation en disant que le CGI a créée de nouveaux centres de planification dans des zones déshérités du département mais en ponctionnant sur le budget de centre ou l’activité était soi-disant insuffisante. Ce sont des choix politiques que nous questionnons. Diminuer la qualité du service rendu dans une période où la prévention des IST, des comportements sexistes, des violences et discriminations filles-garçons, où l’information quant à la contraception, l’éducation à la sexualité de manière générale, est si importante, est pour le moins questionnable…