Sale temps pour la pilule! Vers un tout sauf la pilule ?

Mardi 18 Décembre 2012

Le Planning Familial s’inquiète des retombées médiatiques qui, en s’appuyant sur des accidents dramatiques, jettent un discrédit sur toutes les pilules, avec le risque de faire peur aux utilisatrices.

Ces messages partiels n’évoquent à aucun moment les conséquences d’un arrêt brutal de contraception et de ses effets, et omettent toujours de mentionner les risques thrombo-emboliques plus importants liés à la grossesse : l’information doit être complète et objective. Le risque zéro n’existant malheureusement pas.

L’annonce du déremboursement des pilules de 3ème génération prise en octobre dernier par la ministre de la santé avait semé le trouble par son ambiguïté. Soit cette génération de pilules est dangereuse et elle doit être retirée du marché, soit ce n’est pas le cas et le service médical rendu est intéressant alors elles doivent être accessibles à toutes et remboursées. Il faut une position claire, cohérente et rassurante !

Le choix d’une contraception est un droit fondamental que les femmes doivent pouvoir l’exercer librement et de façon éclairée, quelle que soit leur situation. Le choix de la contraception adaptée est un élément de ce droit et il doit se faire de manière égalitaire quelles que soient ses ressources, loin des intérêts commerciaux des laboratoires pharmaceutiques dont on connaît la puissance marketing auprès des prescripteurs.

Exercer ce droit aux choix contraceptif suppose :

  • Que les professionnels de santé -notamment prescripteurs- soient réellement formés par une formation initiale et continue tant sur les différentes méthodes, leurs avantages et inconvénients que sur l’écoute.
  • Que les femmes et les hommes, jeunes et adultes soient informés sur les bénéfices et risques de chaque méthode (pilule, patch, anneau, DIU, implant, préservatifs, injections, contraception définitive...) par des campagnes d’information régulières aux messages clairs comme sur l’existence des lieux ressources
  • Que l’ensemble des méthodes contraceptions soient remboursées.

L’accès à l’information complète en toute transparence est une responsabilité de l’Etat et la condition nécessaire d’un choix éclairé de la meilleure contraception, celle que l’on choisit librement.

Ne tombons pas dans le piège de l’injonction contraceptive : après le tout pilule, tout sauf la pilule !